L’internationalisation de l’enseignement supérieur

 

La dernière édition des Conférences ministérielles de l’enseignement supérieur s’est déroulée à Paris le 24 et 25 mai 2018.

20 ans après la signature de la Déclaration de la Sorbonne, Paris 2018 (#EHEA2018) était le point de rendez-vous des 48 pays et organisations intégrés dans l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur (EEES) et inscrits dans le Processus de Bologne. Chaque délégation était invitée à tirer le bilan du Processus, participer au débat et identifier les nouvelles priorités de travail pour la période à venir (2018 -2020).

La Fédération Wallonie-Bruxelles, via la Direction générale de l'Enseignement Non Obligatoire et de la Recherche Scientifique (DGENORS), suit, entre-autres, les actualités européennes dans ces deux domaines. Dans ce cadre, nos collègues participent notamment aux travaux du Processus de Bologne ainsi qu’à la mise en œuvre des décisions prises lors des Conférences de l’EEES et résumées dans les communiqués ministériels.

L’édition précédente s’était tenue en 2015 en Arménie. Dans le Communiqué de Erevan, les ministres de l’enseignement supérieur avaient encouragé leurs systèmes éducatifs à avancer sur plusieurs thématiques phares telles que l’amélioration de la qualité, de l’apprentissage et de l’enseignement supérieur ; l’employabilité des diplômés tout au long de leur vie ; l’inclusion des systèmes éducatifs et la réalisation de réformes structurelles du Processus de Bologne. Les ministres ont également accueilli un nouveau pays partenaire au sein du Processus : la Biélorussie.

 

En mai 2018, au Palais Brongniart, la Fédération Wallonie-Bruxelles était représentée par une délégation menée par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias, Monsieur Jean-Claude Marcourt. Ce dernier était accompagné de son Chef de Cabinet (M. T. Pelosato), de représentants de la DGENORS  (Mme C. Kaufmann, Directrice générale et M. M. Vanholsbeeck), de l’ARES (M. J. Nicaise, Administrateur) et de la FEF (M. M. Mori).

La Conférence a été introduite par Frédérique Vidal, Ministre française de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, soulignant l’évolution du rôle de l’enseignement supérieur : considéré initialement comme créateur de stocks de connaissances, l’enseignement supérieur entend aujourd’hui contribuer au développement de flux de connaissances. Le processus de Bologne demeure un élément moteur de ces évolutions, y compris dans ses relations avec le reste du monde.

Les ministres ont eu l’occasion de participer aux débats et de partager leur vision sur l’avenir de l’enseignement supérieur européen. Parmi les grandes thématiques abordées lors de cette édition, nous pouvons retenir le constat d’une mise en œuvre déséquilibrée des principes clés du Processus de Bologne d’un pays à l’autre. Afin de répondre à ce défi, une approche structurée de soutien par les pairs sera mise en place dès 2018 afin d’encourager la collaboration et l’apprentissage mutuel entre les pays plus et moins avancés, dans le respect des spécificités de chaque système éducatif.

L’importance du respect des valeurs fondamentales a été rappelée alors que les ministres ont présenté les évolutions qu’ils souhaiteraient voir au sein de l’EEES. Parmi celles-ci, notons le renforcement de l’inclusion et de la dimension sociale de l’enseignement supérieur, un appui aux professeurs afin d’encourager l’usage de pédagogies innovantes au sein d’un environnement éducatif numérique et créatif, et un souhait de familiariser les étudiants aux pratiques de recherche et d’innovation. On souligne également une volonté d’accroître les synergies entre enseignement-recherche et innovation et d’encourager les coopérations transdisciplinaires et transnationales.

Un appel au respect des principes de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la Région Européenne a été partagé. Les ministres appellent également à davantage de  transparence dans les procédures de reconnaissance de qualifications (notamment des réfugiés), ainsi qu’à une meilleure intégration de l’enseignement supérieur au sein de leur société, afin de pouvoir proposer des solutions innovantes aux défis sociaux et sociétaux (ex. société durable). Le renforcement des approches qualité, en ce compris la dimension internationale, et l’accroissement de la mobilité des étudiants restent une priorité.

Les Conférences ministérielles sont également l’occasion de renforcer les collaborations avec d’autres régions du monde dans le cadre du « Bologna Policy Forum » (BPF). Cette année, une vingtaine de délégations étrangères étaient présentes (Algérie, Tunisie, Côte d’Ivoire, Egypte, Niger, Cuba, Thaïlande, Japon,  …) afin de nouer des partenariats avec les systèmes éducatifs européens. Le BPF a notamment cité le processus ASEM (pour lequel la FWB assure le secrétariat en collaboration avec la communauté flamande) en tant qu’exemple de coopération transnationale fructueuse entre l’Asie et l’Europe. Cette édition s’est conclue en s’accordant sur la mise en place d’un dialogue politique mondial centré sur deux préoccupations d’intérêt commun : l’inclusion sociale et plus largement la responsabilité sociétale de l’enseignement supérieur.

La Commission, via l’intervention du Commissaire Tibor Navracsics (éducation, culture, jeunesse, sport) démontre également son intérêt et sa proactivité dans le secteur de l’enseignement européen. Il propose la constitution, d’ici à 2025, de réseaux « d’universités européennes », alliances/partenariats stratégiques d’établissements d’enseignement supérieur européen. Cette initiative pourrait contribuer au rapprochement des espaces européens de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique tout en stimulant la mobilité des étudiants, des chercheurs et du personnel académique. L’accent serait mis sur le développement de modèles de gouvernance communs entre institutions d’enseignement supérieur en favorisant le développement de programmes intégrés « enseignement – recherche – innovation » qui pourraient contribuer à répondre aux défis sociétaux.

Le Ministre Marcourt a partagé son enthousiasme pour le projet d’universités européennes, tout en insistant sur l’importance de créer des réseaux inclusifs, tant sur le plan social que géographique, soutenant une diversité des partenariats et s’appuyant sur une définition inclusive de l’excellence, considérée tant sous l’angle de la recherche, de l’enseignement que du transfert des connaissances.

A travers l’initiative des universités européennes qui serait financée dans un premier temps par des fonds Erasmus+, la Commission entend renforcer le sentiment d’identité européenne en investissant dans l’éducation et la culture. Le Premier Ministre français Edouard Philippe a conclu la Conférence en soulignant combien la connaissance constitue le ciment de l’Europe, un bien commun susceptible plus que tout autre de renforcer la construction européenne.

La prochaine Conférence ministérielle se tiendra en Italie, à Rome, en juin 2020.

Pour plus d’informations sur ces sujets :

 

Site web « European Universities » : https://ec.europa.eu/education/european-universities-initiative_en

Communiqué de presse du Cabinet Marcourt : https://marcourt.cfwb.be/la-conference-de-paris-ou-comment-amplifier-le-projet-de-construction-de-lespace-europeen-de-leducation-et-du-savoir-au-service-de-nos-etudiants/

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