Présidences luxembourgeoise et néerlandaise

Les ministres des États de l’Union européenne en charge de l’éducation se sont réunis à Bruxelles le 23 novembre 2015 durant la Présidence luxembourgeoise. Lors de ce Conseil ‘éducation, jeunesse, culture et sport’ a été adopté le rapport conjoint 2015 sur la mise en œuvre du cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l'éducation et de la formation ("Éducation et formation 2020").

Ce rapport dresse le bilan des progrès accomplis au cours du cycle de travail le plus récent (2012-2014) et passe en revue le cadre "Éducation et formation 2020" à mi-parcours, en formulant des propositions d'ajustement. Les  principales priorités de la coopération européenne en matière d'éducation et de formation pour les cinq années à venir d'ici 2020 visent à faire en sorte que les systèmes d'éducation et de formation favorisent l'employabilité, les compétences et l'innovation, accroissent la mobilité et l'égalité, aident à prévenir la radicalisation et jettent les bases des valeurs démocratiques et de la citoyenneté active. Une meilleure gouvernance et une meilleure diffusion des résultats de la coopération européenne y est également envisagée. En outre, afin de mener à bien ce cadre stratégique, la Commission européenne recommande aux états de mieux utiliser les instruments financiers de l’Union européenne, tels que le programme Erasmus+, les Fonds structurels et le plan d’investissement pour l’Europe.

Ce Conseil a également adopté des conclusions sur la réduction du décrochage et la promotion de la réussite scolaire, qui dressent le bilan des progrès accomplis, en vue de la consolidation et l'amélioration des mesures visant à lutter contre ce phénomène. Au cours des cinq dernières années, il y a eu des changements afin d’atteindre au niveau européen les 10% de référence conformément à la stratégie Europe 2020. La moyenne européenne se situe actuellement à 11,1% (contre 14,2% en 2009). Cependant, il subsiste des écarts importants entre et au sein des États membres.

La Belgique, par exemple, est en dessous de la moyenne européenne avec 9,8%, mais est à 7% d’abandon scolaire précoce en Flandre pour 12,9% en Région wallonne et 14,4% en Région bruxelloise. Il est toutefois à noter que ces taux sont également en constante diminution dans les trois Régions. Le décrochage scolaire est un problème d’envergure, à la fois pour les individus et la société dans son ensemble, et conduit souvent à la marginalisation. Les faibles niveaux d'éducation ont non seulement des conséquences pour les jeunes concernés mais engendrent également des coûts économiques et sociaux élevés. Les conclusions invitent également les États membres à faire le meilleur usage possible des possibilités de financement offertes par les instruments financiers de l'Union européenne.

 

Les débats ont été dominés par les répercussions des attentats tragiques commis à Paris. Les ministres se sont engagés, notamment dans le domaine de l'éducation, à lutter contre l'exclusion sociale et combattre la radicalisation. Le débat ministériel officiel s’est centré sur la crise des migrants et des réfugiés et sur les stratégies mises en place pour les migrants nouvellement arrivés et les personnes issues de l’immigration. Les ministres ont insisté particulièrement sur la nécessité de tenir compte des compétences des migrants arrivés récemment (accélérer l’évaluation et la validation des qualifications antérieures) et de mettre en place un apprentissage intensif et efficace de la langue ou des langues du pays d’accueil. Les ministres ont aussi jugé nécessaire de se concentrer sur la promotion des valeurs européennes communes, d’éviter la concentration géographique des migrants et de préparer les enseignants et formateurs - mais aussi les apprenants et les parents – afin de rencontrer la diversité  dans les environnements d'apprentissage. En outre, les ministres  souhaitent augmenter l'échange des meilleures pratiques entre les États membres.

 

 

 

Le programme dans le domaine de l’éducation et de la formation de la future présidence portera sur:

-les compétences (travail sur l’Agenda pour des compétences nouvelles pour l’Europe);

-la poursuite de l’agenda de 2011 concernant la modernisation de l’enseignement supérieur;

-la promotion de la citoyenneté et des valeurs fondamentales à travers l’éducation (le suivi de la Déclaration de Paris du 17 mars 2015 sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination).

 

Il y a aura deux réunions des ministres de l’éducation au sein du Conseil ‘éducation, jeunesse, culture et sport’. La première aura lieu le 24 février 2016. Il y est prévu un débat politique et d'orientation sur les compétences  ainsi qu’une contribution du secteur de l’éducation au Semestre européen (à partir de l'examen annuel de la croissance et du Moniteur éducation et formation 2015). Il y sera également abordé le suivi de la Déclaration de Paris du 17 mars 2015.

 

La seconde réunion des ministres de l’éducation se déroulera le 30 mai 2016. Il est prévu un débat politique dans le domaine de l’enseignement supérieur. Si l’initiative de la Commission européenne sur les compétences est finalisée, il pourrait aussi y avoir un débat politique (et/ou une information de la Commission). Lors de ce Conseil devrait également être adopté le règlement Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle).

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