L'Education pour tous

Le contexte et les enjeux

L’UNESCO a pour mission de promouvoir l’éducation en tant que droit fondamental, d’améliorer la qualité de l’éducation et de faciliter le dialogue sur les politiques, le partage des connaissances et le renforcement des capacités.

Le mouvement de l’Éducation pour tous (EPT) est quant à lui un engagement mondial qui consiste à donner une éducation de base de qualité à tous les enfants, jeunes et adultes. Le mouvement a été lancé lors de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous, à Jomtien (Thaïlande) en 1990, lorsque les représentants de la communauté internationale ont décidé d’universaliser l’enseignement primaire et de réduire massivement l’analphabétisme à la fin de la décennie au plus tard.

Dix ans plus tard, alors que de nombreux pays étaient loin d’avoir atteint l’objectif fixé, la communauté internationale s’est à nouveau réunie à Dakar (Sénégal), et a affirmé son engagement de réaliser l’Éducation pour tous en 2015 au plus tard. Elle a identifié six objectifs clés en matière d’éducation qui visent à répondre aux besoins d’apprentissage de tous les enfants, jeunes et adultes en 2015 au plus tard. 

Le Cadre d’action de Dakar a mandaté l’UNESCO pour coordonner cette dynamique collective tout en exerçant les fonctions de secrétariat.

Les objectifs de l’EPT contribuent aussi à la réalisation mondiale des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), adoptés par 189 pays et les plus grandes institutions mondiales œuvrant pour le développement en 2000. Un des OMD  fait spécifiquement référence à l’éducation (assurer l’éducation primaire pour tous) mais aucun des huit OMD ne peut être atteint sans un investissement constant dans ce domaine. L’éducation donne aux individus les compétences et les connaissances permettant d’améliorer leur santé, leur source de revenus et de promouvoir des pratiques environnementales saines.

En tant que chef de file dans la coordination de l’élan mondial en faveur de l’Éducation pour tous, l’UNESCO s’associe à une grande diversité de partenaires pour faire de l’éducation une priorité des programmes internationaux, régionaux et nationaux. L’Organisation met en avant les difficultés majeures en matière d’éducation, encourage une amélioration de la coordination entre les principales parties prenantes et facilite le partage d’informations en vue de renforcer l’engagement politique en faveur de l’EPT et de mobiliser davantage de ressources pour réaliser l’Éducation pour tous les niveaux, tant dans les approches formelles que non formelles.


L’UNESCO conduit le processus de suivi de l’EPT grâce à son Institut de statistique et au Rapport mondial de suivi sur l’EPT. L’Institut de statistique de l’UNESCO est responsable de la collecte des données et statistiques relatives aux objectifs de l’Éducation pour tous ainsi qu’aux objectifs du Millénaire du développement liés à l’éducation. Outre le fait de suivre régulièrement les progrès sur la voie de la réalisation des objectifs de l’EPT, l’UNESCO aide les pays à développer leurs capacités nationales et leurs systèmes de collecte, de gestion et d’analyse des données.

 

L’après 2015 et le rôle de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Le dernier rapport de l’EPT montre que malgré une augmentation importante du nombre d’enfants scolarisés en primaire (l’amélioration la plus importante se situe entre 1999 et 2004 et l’Afrique subsaharienne n’a pas suivi le mouvement), la plupart des objectifs ne seront pas atteints.  C’est particulièrement vrai pour les groupes les plus marginalisés (filles pauvres rurales).  La question de la qualité pose également question.  250 millions d’enfants ne possèderaient pas les compétences de base après quatre années d’école.  Pour un nombre important de pays du Nord, dont la Belgique, la question de l’équité des systèmes éducatifs reste un problème majeur.

 

Points majeurs

■■Objectif 1 : En dépit des progrès réalisés, trop d’enfants n’ont toujours pas accès à l’éducation et à la protection de la petite enfance.

■■Objectif 2 : L’objectif de l’enseignement primaire universel sera vraisemblablement très loin d’être atteint. En 2011, on dénombrait 57 millions d’enfants non scolarisés, dont la moitié vivait dans des pays touchés par les conflits.  En Afrique subsaharienne, vers la fin de la décennie, seules 23 % des filles pauvres issues des zones rurales achevaient l’enseignement primaire.

■■Objectif 3 : Beaucoup d’adolescents ne possèdent pas les compétences fondamentales que permet d’acquérir le premier cycle de l’enseignement secondaire. En 2011, 69 millions d’adolescents n’étaient pas scolarisés, chiffre quasi inchangé depuis 2004.

■■Objectif 4 : L’alphabétisme des adultes n’a quasiment pas progressé. En 2011, le nombre d’adultes analphabètes s’élevait à 774 millions, soit un recul d’à peine 1 % par rapport à 2000.

■■Objectif 5 : Les disparités entre les sexes restent une réalité dans de nombreux pays. La parité entre les sexes aurait dû être atteinte dès 2005 or, en 2011, seuls 60 % des pays avaient atteint cet objectif au niveau primaire et 38 % au niveau secondaire.

Objectif 6 : En raison de la mauvaise qualité de l’éducation, plusieurs millions d’enfants n’acquièrent pas les éléments fondamentaux. Ainsi, près de 250 millions d’enfants n’acquièrent pas les compétences fondamentales, alors même que la moitié d’entre eux ont été scolarisés pendant quatre ans au moins. Conséquence de cet échec, quelque 129 milliards de dollars sont dépensés en pure perte chaque année.

 

Ce constat alarmant a conduit les organisations internationales et les ONG actives dans ce domaine à se mobiliser pour faire de l’éducation un des axes centraux des objectifs mondiaux pour le développement qui seront adoptés à New York pour la période 2015-2030.

 

Ainsi, sous l’impulsion de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les Ministres de l’éducation de la Francophonie (Confemen) ont adopté en juillet 2013 une Déclaration préparée à Liège, lors du bureau de cette organisation en jui de la même année.  Ce document vise à faire entendre la voix de la francophonie dans la préparation de la conférence mondiale de New York en indiquant ses priorités en matière d’éducation pour l’après-2015.  Les quatre objectifs retenus qui sont déclinés de manière plus précise dans la Déclaration sont les suivants :

-         élargir l’éducation de base obligatoire et gratuite ;

-         renforcer l’éducation et la formation tout au long de la vie ;

-         garantir un financement pérenne pour l’éducation ;

-         assurer une bonne gouvernance et renforcer les partenariats.

 

Dans le cadre de l’UNESCO, une réunion mondiale de l’éducation pour tous a été organisée à Oman en mai 2014.   Ce suivi annuel du rapport sur l’EPT avait cette année une importance particulière puisqu’il s’agissait du dernier rendez-vous des ministres de l’éducation avant 2015.  Cette réunion ministérielle avait ainsi pour objectif principal l’adoption d’une Déclaration finale des ministres visant à faire de « l’éducation pour tous » un des objectifs prioritaires des futurs objectifs mondiaux (2015-2030) qui seront adoptés en 2015 aux Nations unies à New York. 

 

Les problèmes majeurs du suivi des engagements de Dakar étaient le manque d’objectifs chiffrés et la faiblesse de certains indicateurs utilisés.  La réunion d’Oman a permis de se rendre compte qu’il existe un consensus sur la nécessité de prévoir un meilleur suivi des progrès réalisés. Il s’agit d’un gage de sérieux en vue de l’obtention de moyens financiers par les pays donateurs ou les organisations internationales.

 

Par rapport au projet de Déclaration initial, les aspects liés à l’équité, à la qualité et à la gouvernance ont été renforcés.  C’était d’ailleurs une demande de la délégation belge.  Le rôle des pouvoirs publics en tant que garants d’une éducation de qualité en tant que bien public, autre demande de la délégation belge, fait également partie du projet de Déclaration finale. 

 

Le point de divergence principal qui n’a pas permis un accord définitif sur le projet de Déclaration à ce stade, concerne la cible 7 relative au financement.  Celle-ci prévoit un pourcentage du PNB et des dépenses publiques à utiliser en faveur de l’éducation.  Les pays en développement et surtout les ONG présentes ont demandé en outre un engagement chiffré des pays donateurs.  Le Royaume-Uni et le Japon n’ont pas pu accepter cette proposition en arguant que la répartition budgétaire devait tenir compte de l’ensemble des objectifs du Millénaire qui seront en discussion à New York.

 

La Directrice générale de l’UNESCO a conclu en indiquant que le processus d’adoption de la Déclaration continuerait jusqu’en 2015.  Elle a demandé aux ministres de l’éducation de faire du lobbying auprès de leurs gouvernements afin que l’éducation puisse être un des objectifs prioritaires des futurs OMD de l’après 2015.  Pour ce faire, il faut que l’objectif principal proposé et les cibles qui s’y rattachent soient crédibles et accessibles et que les résultats puissent être mesurés à l’aide d’indicateurs performants.

 

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