Conférence ministérielle d’Istanbul (2-3 octobre 2013) et annonce des résultats de l’enquête PIAAC

Le secrétariat de l’OCDE organise régulièrement des sessions informelles des ministres de l’Education. Celles-ci ont pour objectifs de « prendre la température » des préoccupations politiques du moment et d’orienter les travaux de l’Organisation.

La session stambouliote visait à mettre en évidence l’importance de concevoir des politiques éducatives permettant de répondre aux besoins du marché du travail en procédant à un travail de définition des capacités et compétences (« skills ») adapté à ces besoins émergents.

Le Secrétaire général de l’OCDE a rappelé l’importance de cette session dans le contexte de la crise économique actuelle en mettant l’accent sur le chômage des jeunes, sur les freins à l’insertion des jeunes à l’emploi, sur le manque de connexion entre l’enseignement formel et l’emploi.  Il a invité les participants à concevoir une « révolution » autour de la notion de compétences pour tous tout au long de la vie. Les systèmes scolaires doivent être profondément repensés pour éviter, par exemple, de « produire » des universitaires incapables de s’insérer dans la vie professionnelle, de négliger les personnes issues de la migration …

 

Présentation des premiers résultats PIAAC

PIAAC est une enquête similaire à celle de PISA, mais elle porte sur la population adulte (personnes âgées de 16 à 64 ans).

La Belgique francophone a renoncé à cette enquête vu son coût élevé. Par contre, la Communauté flamande, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, pour évoquer les pays limitrophes, y ont participé.  Pour cette première édition, plus de 166.000 personnes ont été soumises au test dans 24 pays. L’enquête cherchait à évaluer le niveau de compétences dans les domaines de la littératie, de la numératie, de la résolution de problèmes, de l’utilisation des technologies de l’information. 

Les pays qui se sont distingués sont le Japon, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Communauté flamande, notamment. Les pays les plus faibles sont la France, l’Italie et l’Espagne. Sans entrer dans les détails, on peut noter que les adultes ayant un faible niveau de compétences représentent 4,9% de l’échantillon au Japon, alors qu’ils sont plus de 27% en Italie ou en Espagne.  Les résultats mettent en évidence qu’un jeune Japonais sorti du lycée obtient un niveau de compétences plus élevé qu’un étudiant sortant de l’université en Italie. Les personnes les plus âgées (tranche d’âge des 45 à 64 ans) sont le plus souvent celles qui obtiennent les résultats les plus faibles. A partir de 47 ans, on note qu’une majorité des adultes obtiennent des résultats inférieurs à 3 sur une échelle à 5 niveaux. On note que les adultes particulièrement performants participent plus à la vie politique, à des activités bénévoles et ont un niveau de confiance élevé envers leurs contemporains, ainsi qu’une meilleure santé.

Pour plus d’information, les publications suivantes sont disponibles ou peuvent être achetées sur le site de l’OCDE.

  • L’édition 2013 des Perspectives sur les compétences présente un résumé des premiers résultats et des principales conclusions de l’Évaluation des compétences des adultes, permettant aux pays de se positionner à la lumière des performances d’autres pays.
  • Les outils d’exploration de données de l'Évaluation des compétences des adultes permettent aux utilisateurs d'explorer directement les données de l'Évaluation à travers un ensemble varié d’outils : Data Explorer, analyseur de données, fichiers à usage public et Web-packages.

 

Comment développer des systèmes pertinents de compétences et comment assurer un équilibre entre la demande et l’offre de compétences ?

La deuxième session de la conférence ministérielle a été organisée sous forme d’ateliers composés de ministres et de chefs de délégation.

En synthèse des échanges organisés dans le cadre de cet atelier, la Ministre suisse a mis l’accent sur :

·     l’accessibilité et la perméabilité des systèmes de formation ;

·     le fait que les objectifs à court terme de l’économie ne correspondent pas aux objectifs à long terme des autorités publiques ;

·     la nécessité d’établir des partenariats avec le secteur privé qui soient confiants, pérennes et transparents ;

·        la responsabilité pleine et entière des autorités publiques de développer une formation initiale de qualité prenant en compte les besoins éducatifs fondamentaux de manière équilibrée.

 

Les développements futurs du programme PISA

Plusieurs développements pourraient être envisagés pour le futur. Ainsi, les délégations qui sont intervenues ont mis l’accent sur des tests permettant de mettre en évidence la capacité des jeunes à trouver des solutions à un problème de façon collaborative, de développer les capacités en technologie de l’information, d’évaluer les compétences en citoyenneté, les capacités linguistiques (langues étrangères), les compétences en termes d’employabilité …  

Le consensus est très clair sur la qualité et l’importance de l’enquête en son état actuel, ainsi que sur son impact politique.

 

 

 

 

 

 

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